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Eglise de Rigney

EGLISE DE RIGNEY SAINTS PATRONS :

STS PIERRE ET PAUL EPOQUE 

SIECLE : XVIIIe

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L’ÉGLISE DE RIGNEY DU XIIe AU XVIIIe SIÈCLES:

-Bien qu’on ignore la date exacte de sa construction, il existait une église à Rigney avant le XIIe siècle. Elle se plaçait sous le titre de Saint Paul Apôtre, la fête patronale se célébrant le 30 juin et la mémoire de sa dédicace le 25 janvier.

D’après des extraits du pouillé général du diocèse de Besançon de 1750 traduit par le Père André de Saint-Nicolas, l’église de Rigney appartient de toute antiquité au Décanat de Baume, au bailliage de Baume et à la Prévôté de Cromary. Elle a pour dépendance, les villages de Rigney, Rignosot, Corcelles , Vandelans, La Roche, et quelques autres (Mieslot, Le Moulin Martin, Germondans à l’exception de trois habitations qui appartiennent à l’église de Cendrey), les châteaux de la Roche sur l’Ognon et de Corcelles. Une autre dépendance attachée curieusement à l’église de Rigney est Pont-le-Moulins, bourgade située pourtant dans la vallée du Cuysancin, au-delà de Baume-les-Dames.

Nous avons très peu d’informations sur l’architecture de l’église médiévale de Rigney. Seuls quelques renseignements sur les chapelles peuvent être glanés dans les anciens pouillés diocésains.

 

L’église ancienne devait être pourvue de trois chapelles dont l’une sans autel. Dans la nef, il y aurait eu deux autels, l’un du Rosaire, l’autre appartenant de toute antiquité aux Seigneurs de La Roche.

 

-La chapelle à droite du chœur, dédiée à Saint-Nicolas, fut fondée en 1529 par Isabelle Gaulion, femme de Jean Pellier. Claude Faucogney l’augmenta d’une dot devant durer 25 ans seulement en se réservant pour lui et les siens le droit de patronage par acte du 20 mai 1608 approuvé par l’ordinaire le 16 novembre de la même année. Un chapelain en fut pourvu le 11 juin 1656.

 

-La chapelle de gauche, sous le vocable de Saint Charles Borromée, était contiguë au chœur de l’église. Les registres de l’Archevêché assurent qu’elle fut élevée par la famille de Grammont et fondée par Claude de Grachant, veuve de Melchior de Chaffoy, Seigneur d’Anjeux, Munans et Corcelles, instituant pour elle et les Seigneurs de Corcelles, le droit de patronage par acte du 27 août 1627 approuvé par l’ordinaire le 29 novembre de la même année. 5 Plan de situation de RÉNOVATION DE L’EGLISE AU XVIIIe SIECLE. 

 

 

En 1716, les registres de la Chambre archiépiscopale font état d’un projet de modification de la destination de la chapelle de droite : « déboucher une arcade qui donnait entrée à une chapelle au joignant de la sacristie, percer une muraille pour entrer dès ladite chapelle à la sacristie, rouvrir la fenêtre de ladite chapelle pour y donner plus de jour et autres réparations… » et procéder à l’agrandissement de la sacristie. La mort de M. Moureau, curé et initiateur du projet empêcha la réalisation des travaux. Ce fut son successeur, Claude Cart (dont le tombeau se trouve encore au centre de la nef de l’église actuelle) qui entreprit de transformer la chapelle en sacristie.

 

RÉNOVATION DE L’EGLISE AU XVIIIe SIECLE:

Mais, entre temps, l’église menaçait ruine. L’urgence d’une reconstruction s’imposait. Comme ce fut le cas pour beaucoup d’églises rurales de Franche-Comté au XVIIIe siècle, la construction ne pouvait être financée que par le produit de la vente du quart des réserves des bois communaux. Et en 1749, les communautés de Rigney, Rignosot, Vandelans, Germondans, Corcelles et Mieslot établirent un dossier de requête destiné au Conseil du Roi, seule instance habilitée à délivrer l’autorisation de couper les bois en réserve. Dans cette requête, les habitants exposaient que leur église et la tour du clocher tombaient en ruine et qu’ils couraient le danger « d’être écrasés pendant le service divin ». Ils faisaient état d’un devis de reconstruction dressé le 18 août 1749, et qui se montait à 12130 livres. Le Conseil du Roi, prenant en compte leur requête, rendit un avis favorable autorisant la coupe de 38 arpents et 60 perches de la réserve de Rigney et de 33 arpents et 83 perches de celle de Rignosot.

 

 

En 1769, les voûtes ayant quelque peu bougé, quelques réparations se révélèrent nécessaires. Or, il restait 5000 livres de la vente des bois en dépôt chez le Receveur des Domaines et des Bois. Les habitants présentèrent donc une requête pour en obtenir l‘utilisation dans les réparations nécessaires aux voûtes et dans l’achat de retables pour les autels collatéraux. Ils ne manquèrent pas de souligner également la nécessité de reconstruire le chœur. Les plans de l’architecte Lazare Renaud, datés du 31 juillet 1776 (plans de l’église actuelle) ne furent exécutés qu’en 1785. Le chœur, vestige de l’ancienne église, fut donc entièrement démoli et rebati.

 

 

Le 26 avril 1840, a lieu l’érection d’un Chemin de Croix qui sera remplacé le 26 mai 1907. Il s’agit sans doute du chemin de croix actuel.

 

Le 5 décembre 1844, l’abbé Bouveret procède au baptême de la grosse cloche, Anne-Françoise : parrain, Mr Demandre, maire de Rigney et marraine, Mme J. Fournier, propriétaire à Rigney. Cette cloche a été remplacée en 1866 pour une raison inconnue. Le 9 décembre, il baptise la seconde cloche, Marie-Catherine, la plus petite (et qui existe encore) et dont le parrain est M. Claude Marie Rose Bony, Directeur de l’Ecole Normale de Besançon, et la marraine Mme Catherine Pierrette Fournier Vve Movillard de Besançon. Or, il semble qu’il y ait eu une interversion des noms des marraines au moment de la fabrication des cloches.

 

Dans le registre paroissial, le curé certifie : « Le curé de Rigney soussigné, observe à quiconque lira l’acte qui précède que les parrains et marraines des cloches sont réellement ceux qui sont désignés dans ledit acte, quoiqu’on en lise le contraire sur les cloches relativement aux marraines. Fait le neuf décembre 1844. Signé Bouveret, Prêtre »

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En 1956, l’abbé Schmitt fait procéder à la réfection de l’église et à la mise en conformité de l’éclairage.

L’année suivante, on profite de la vérification du clocher pour installer l’angélus électrique, et le glas en 1958.

-Le chauffage à air pulsé est installé à l’automne 1965. Jugé trop bruyant, il est remplacé en 1971 par un nouvel appareil, à l’emplacement de la chapelle de gauche, aujourd’hui disparue. C’est en 1971 également que les fenêtres de l’église sont munies de verre antique jaune entourant une croix bleue.

-La sonorisation de l’église a lieu au cours de l’année 1973.

L’ÉGLISE D'AUJOURD’HUI

 

Longue de 25 m, large de 15 m, l’église est bâtie en calcaire bicolore du Jura. Elle dresse sa silhouette massive au-dessus de la plaine alluviale de l’Ognon et se mire dans les étangs qui occupent les anciennes ballastières du village. L’édifice, couvert de petites tuiles plates comporte trois nefs dont la nef centrale se termine par une abside derrière le choeur et s’accole à un clocher porche qui, comme dans la majorité des églises franc-comtoises est traditionnellement coiffé d’un toit en bulbe. C’est en 1986 qu’a lieu la réfection du bulbe du clocher. Le dessin en damier de l’appareil des tuiles est conservé et trace désormais ses quatre croix aux quatre horizons.

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L’ÉGLISE D'AUJOURD’HUI

 

A l’intérieur, une statue en marbre datée de la fin du XVe siècle et représentant un saint évêque – peut-être Saint Claude – est remarquable. Un grand tableau (huile sur toile - XIXe) illustre la vie des deux apôtres Pierre et Paul.

 

La dernière restauration intérieure de l’église a eu lieu au cours des années 1987-1988. Elle a été conduite dans l’esprit que ce sanctuaire respire fondamentalement la paix. Mais il n’est pas de paix sans harmonie. Restaurer une église exige toujours un grand respect du lieu, qu’il s’agisse de son architecture, de son mobilier, des couleurs, du décor, de l’éclairage, de l’unité de son style. Ce désir de restituer à l’église de Rigney sa cohérence Les tuiles du clocher dessinent une croix sur chaque pan. 7 et son atmosphère de paix fut le souci constant de l’abbé Benoît Racine et des différentes personnes engagées par les travaux, en accord avec la Commission d’Art Sacré.

 

Dans cet esprit le décapage des arcs-doubleaux et des murs du porche effectué en 1956 apportait une note insolite à l’ensemble architectural. Il fallait donc l’enduire à nouveau en fidélité avec le style XVIIIe siècle de l’édifice. Après cette opération, les trois teintes choisies pour parer les murs, piliers et doubleaux exaltent l’ensemble de l’architecture dans une atmosphère spirituelle chaleureuse et paisible. Une coloration discrète, de faux marbres légers accordent les retables latéraux, le baptistère et la chaire à l’ensemble intérieur de l’église et concourent également à lui redonner son atmosphère de paix.

 

 

 

Le chemin de croix restauré bénévolement par des paroissiens accompagne par sa couleur ivoire l’ensemble des statues qui ont retrouvé leur place. L’éclairage électrique repris selon les normes de sécurité et les principes d’éclairage liturgique entraîne la disparition des anciens lustres. Le nouvel autel de célébration s’accorde, par ses proportions, à l‘espace du chœur et par son style à celui du Maître-autel et à celui de la chaire. (Voir agrandissement page 12) Ainsi, l’église actuelle date de 1756 pour la nef et de 1785 pour le chœur. L’embase du pilier de droite du chœur porte l’inscription suivante : « Cette pierre a été posée par Mr J.B. POUEY prieur de la RD Abbaye de Bellevaux et bénite par M. CUENOT curé de Rigney, le 7 avril 1786 ».

Le Chœur ancien : 

-Le maître-autel, le tabernacle, l’exposition et les gradins (18ème siècle) sont classés. Il sont en bois peint en trompe-l’œil. Les six chandeliers en bois doré (H = 97 cm) sont également classés.

Ils sont du 19ème siècle.

 

-La grille de communion qui au jour d'aujourd'hui a disparu, au mur de part et d’autre du maître-autel.

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La Chair : 

L’abat-voix de cette chaire est surmonté d’une croix. Le dosseret ainsi que les panneaux de l’escalier menant à la cuve sont ornés de volutes. Un boudin souligne le bas de la cuve et de la rampe. Cette chaire, peut-être fabriquée par l’un des frères Marca, a été peinte en faux marbre en 1956. (Le patrimoine des communes du Doubs, éd. Flohic 2001)

 

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Sources : Documents interne et Dictionnaire des communes du Doubs et Archives diocésaines de Besançon.

Publié le 11/04/2021 - Par le service Informatique - Paroisse Marchaux - Rigney.

Rubrique RIGNEY - ÉGLISE DE RIGNEY  - 18ème SIÈCLE -
 

Ouverture de l'église au public* : Ouvert du lundi / dimanche de 8h00 - 16h30.

*(Sauf événement exceptionnel)