Homélies du Père Denis Membrey 

Pentecôte. 2020.

 

Les lectures qui nous sont proposées en cette fête de la Pentecôte sont encore bien actuelles aujourd’hui. Rappelons-nous : les apôtres, comme nous aujourd’hui étaient dans le confinement, ils étaient réunis tous ensemble dans une chambre, nous nous sommes isolés, seul ou en famille, mais nous restons solidaires et réunis en communion spirituelle, en ce jour de la Pentecôte. En plus, nous devions fêter, ce jour, avec des enfants leur profession de foi. Je comprends leur déception, ne rejoint-elle pas aussi celle des apôtres réunis dans une salle après le départ de Jésus ? Et voici que dans cette situation un fort coup de vent, le souffle de l’Esprit Saint vient tout changer, tout bouleverser, même aussi pour l’ordre du monde… Est-ce que ce souffle de l’Esprit Saint aujourd’hui ne souffle-t-il pas dans notre confinement ? Pour moi, il me semble le voir dans la solidarité qui se vit aujourd’hui, dans la créativité  de beaucoup d’actions, de gestes de charité qui se manifestent et sont vécus par tous les âges : les enfants qui pensent à envoyer des messages aux soignants depuis leur balcon ou aux personnes âgées des ephads, des jeunes qui mettent leurs compétences numériques pour créer des liens entre nous, des adultes engagés dans les services paroissiaux qui continuent à entretenir des liens avec des familles que ce soit pour la catéchèse, les funérailles ou porter attention et soutien aux personnes en précarité de nos villages. Oui, il y a vraiment quelque chose du souffle de Dieu, de l’Esprit Saint dans toutes ces actions accomplies par des personnes de tout âge. Quand on relit notre vie, on peut apercevoir ces signes de l’Esprit Saint et il est important d’en prendre conscience, d’en faire prendre conscience aux enfants et de pouvoir le célébrer parfois dans nos liturgies du dimanche. J’espère que cette fête de la foi retardée à cause de ce confinement nous permettra de célébrer toutes ces merveilles ultérieurement quand nous pourrons fixer une date.

Cet Esprit Saint nous pousse comme il a poussé les apôtres à sortir d’eux-mêmes, de leur peur et à aller proclamer la Bonne Nouvelle de la résurrection au monde entier, à commencer à leurs frères juifs et aussi à leurs frères païens proches ou lointains. Regardons les témoignages de Pierre et Paul qui sont allées jusqu’à Rome, qui ont donné leur vie en créant des communautés chrétiennes tout au long de leur voyage. A nous aussi d’être ces témoins du Christ ressuscité dans le monde d’aujourd’hui.

Ce qui est aussi impressionnant dans cette manifestation de l’Esprit Saint, c’est qu’il donne à chacune et à chacun de ses témoins un langage compréhensible par tous. Ce langage peut se traduire par un enseignement à partir des écritures, à partir de ce que Jésus, le Christ, a vécu parmi nous, ce langage peut se traduire aussi par des guérisons, des temps de prière en communauté, en fraternité : « Seigneur apprends-nous à prier ! » disaient les apôtres. Le langage pouvait passer par des événements extraordinaires incompréhensibles par notre raison humaine mais étant signes de Dieu, par le témoignage de notre vie accordée à l’esprit de l’évangile quel que soit notre âge. « A chacun est donné la manifestation de l’Esprit en vue du bien commun » nous disait Paul dans sa lettre aux Corinthiens.

Cette fête de la Pentecôte dit encore aujourd’hui des choses quelque soit notre âge, aux enfants, jeunes et adultes car nous avons des charismes à mettre au service des uns et des autres pour construire un monde plus fraternel, plus juste. Ne restons pas uniquement dans la déception, mais regardons, accueillons, rendons grâce pour cette action de l’Esprit de l’Esprit Saint qui agit en nous aujourd’hui et tous les jours dans notre vie et dans le monde. Il nous remplira encore plus de joie quand nous pourrons nous retrouver pour cette fête de la profession de foi de nos jeunes de nos villages.

Oui aujourd’hui, je serai fortement uni à eux, à leur famille, à notre communauté paroissiale en ce jour de la Pentecôte.

 

 

 

 

Je vous propose aussi cette prière à l’Esprit Saint que l’Eglise nous propose à la messe :

 

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs Sans ta puissance divine

Et envoie du haut du ciel il n’est rien en aucun homme,

Un rayon de ta lumière. Rien qui ne soit perverti.

 

Viens en nous, père des pauvres, Lave ce qui est souillé

Viens, dispensateur des dons, baigne ce qui est aride

Viens, lumière de nos cœurs. Guéris ce qui est blessé.

 

Consolateur souverain, Assouplis ce qui es<t raide,

Hôte très doux de nos âmes, réchauffe ce qui est froid,

Adoucissante fraîcheur. Rends droit ce quoi faussé.

 

Dans le labeur, le repos ; A tous ceux qui ont la foi

Dans la fièvre, la fraîcheur ; et qui en toi se confient

Dans les pleurs, le réconfort. Donne tes sept dons sacrés.

 

O lumière bienheureuse, Donne mérite et vertu

Viens remplir jusqu’à l’intime donne le salut final,

Le cœur de tous tes fidèles. Donne la joie éternelle.

Amen.

 

 

 

 

 

 

7° Dimanche après Pâques. 2020.

 

Après le retour de Jésus vers son Père, les apôtres, avec quelques femmes se retrouvent tous ensemble à la chambre haute, un peu comme nous le faisons  après la célébration de départ de quelqu’un qui nous est proche, nous éprouvons aussi le besoin de nous retrouver ensemble pour partager un moment d’amitié. C’est le moment d’évoquer des souvenirs marquants que la personne qui vient de nous quitter nous a laissés. Ca nous aide à traverser le temps de tristesse, et c’est aussi un soutien pour continuer notre chemin de vie. Les apôtres avaient surement beaucoup de choses à se dire, à échanger, des tas de souvenirs et de paroles à se rappeler pour comprendre qui était vraiment Jésus et la mission qu’il avait réalisée. Ils devaient aussi déjà envisager comment ils allaient continuer à remplir la mission que Jésus leur a confiée, surtout après les événements forts qu’ils venaient de vivre : la passion, la résurrection, l’ascension. Ce dut être un moment très fort pour eux.

Ils confient tout cela dans la prière, sans se douter de la manière que l’Esprit prendra pour les soutenir et leur donner ce souffle, cette force particulière pour poursuivre leur chemin de vie et leur mission. N’en est-il pas de même un peu pour nous lorsque nous vivons de pareils événements ?

L’évangile de ce dimanche, lui nous replace Jésus lors de son dernier discours d’adieu à ses disciples et il nous fait entrer dans la prière qu’il adresse à son Père. Son contenu est intéressant : il commence par demander à son Père de le glorifier pour que lui-même le glorifie. Il nous fait sentir qu’il y a un lien, une union très forte entre lui et son Père. Il ne fait rien de lui-même sans en référer à son Père. Tout ce qu’il fait, c’est pour accomplir la volonté de son Père et l’une des volontés, c’est de faire découvrir « la Vie éternelle » à tout être de chair, à ses disciples en particulier. On associe souvent l’expression « vie éternelle » avec l’idée de vie après la mort. Or Jésus en donne ici un sens beaucoup plus vaste : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu… » Il montre ainsi que cette vie éternelle commence dès aujourd’hui quand nous avons une vraie connaissance de Dieu. Dans la bible, le l’expression« connaître  quelqu’un » signifie avoir une relation forte avec lui, être uni à lui. L’étymologie signifie d’ailleurs « naître avec ». Pour nous chrétiens, cette vie éternelle nous est donnée aujourd’hui par le baptême. Nous la portons en nous-mêmes depuis ce temps là ? On peut se demander ce que nous en faisons, comment nous la faisons vivre, comment nous avons le souci de poursuivre cette connaissance de Dieu et comment nous la partageons autour de nous. Saint Pierre dans la deuxième lecture nous rappelait : comme chrétien, n’ayons pas de honte, de rendre gloire à Dieu pour ce nom-là. « Heureux êtes-vous, nous dit-il, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. » Heureux sommes-nous d’être enveloppés par la prière de Jésus et de pouvoir entrer dans cette relation que le Père et le Fils ont entre eux. Puissions-nous en saisir toutes les dimensions et les vivre dans notre monde d’aujourd’hui.

Que ces textes d’aujourd’hui nous permettent de reprendre conscience de l’importance de cette vie éternelle, divine qui nous a été donnée au baptême et de l’importance de la faire grandir en nous et en nos frères et sœurs. Elle nous apportera beaucoup de Joie, de Paix, de Sens, ces valeurs que le monde recherche et dont il a tant besoin.

 

Ascension.2020.

 

Ce jour de l’ascension de Jésus, fêté 40 jours après Pâque est très symbolique. Ce chiffre 40 est employé 98 fois dans la Bible et il rappelle plusieurs épisodes importants du peuple de Dieu et de ses guides : pour n’en citer que quelques uns : le déluge avec Noé où Dieu mécontent de son peuple renouvelle sa création et son peuple, le séjour errant de Moïse avec son peuple dans le désert du Sinaï au terme duquel Dieu donne sa Loi et ses commandements. La vie de Moïse, et du prophète Elie est scandée par des étapes de quarante jours ou de quarante ans. Jésus au début de sa vie publique a jeûné 40 jours au désert, au terme desquels il a résisté aux tentations diaboliques. Ce temps de 40 jours ou de 40 ans marque le temps de l’attente, de l’épreuve, d’un châtiment parfois, la durée d’une génération, l’âge de 40 ans symbolisait aussi l’âge de la raison, de la maturité, c’était le temps nécessaire en vue de l’ouverture d’un nouveau chapitre de l’histoire du salut.

Ce thème des 40 jours est repris dans les Actes de Apôtres, il marque le temps que Jésus a pris pour se faire reconnaître à ses disciples comme ressuscité et pour préparer ses disciples à son retour vers Dieu son Père. Ce n’était pas une tâche facile, il fallait que les disciples comprennent bien les choses et n’en restent pas simplement au sentiment affectif de la disparition, qu’ils comprennent que Jésus repartait vers son Père pour pouvoir envoyer le Défenseur qu’il leur avait promis, c’est-à-dire l’Esprit Saint. Il fallait que les disciples fassent ce grand passage de la raison à la foi. Ce qui n’est pas facile et ce qui demande une grande confiance, une profonde attitude de foi que seul l’Esprit-Saint peut nous faire découvrir, nous faire découvrir une autre présence invisible mais bien réelle dans l’absence. Jésus nous invite à faire le passage de notre monde terrestre au Royaume de Dieu. Les lectures de ces derniers dimanches nous y invitaient déjà quand Jésus disait à ses disciples : « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. ». Il nous invitait déjà à ne pas regarder le ciel comme lieu géographique, mais comme lieu du Royaume de Dieu, comme lieu du séjour de Dieu et ce lieu de séjour de Dieu, c’est aussi et surtout notre cœur, c’est l’observance des commandements de l’amour que Jésus nous a laissés et nous avons à en tracer les chemins dans ce monde d’ici bas et d’aujourd’hui. Le retour de Jésus vers son Père est aussi le moment de la transmission de la mission qu’il est venu vivre parmi nous à ses apôtres.

Dieu s’élève, mais ne nous quitte pas. Il nous veut sur la terre, fidèles à sa parole, à son commandement, témoins de l’amour auquel il a donné sa chair. Son corps s’élevant donne naissance au corps Eglise et celui-ci est de s’étendre à toutes les nations du monde : « Allez !, de toutes les nations faites des disciples : baptisez les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Sachons découvrir cette présence de Dieu à nos cotés, implorons son Esprit pour qu’il nous aide à suivre le chemin que Jésus nous a tracé, l’amour de son Père qu’il est venu nous partager jusqu’à sa mort sur la croix, qu’il vienne aussi raviver notre espérance en la résurrection du Christ au milieu de ce temps de déconfinement pour en être les témoins au milieu de notre humanité.

 

 

 

 

6°dimanche après Pâques.

 

Dans cet évangile de ce 6° dimanche après Pâques, Jésus est toujours en train de répondre aux questions que Thomas et Philippe lui avaient posées le soir du jeudi saint où il leur avait lavé les pieds pendant le repas qu’il avait partagé avec eux. (Jn, 14). Rappelez vous : « Seigneur nous ne savons pas où tu vas, montre nous le chemin. » « Jésus, montre-nous le Père ». Jésus leur explique toute la démarche qu’il doit accomplir durant ce temps après la résurrection. Il doit retourner vers Dieu son Père pour leur envoyer un autre Défenseur qui sera l’Esprit Saint et qui leur permettra de mieux connaître Dieu. Pour cela la condition première est d’entrer dans une relation d’amour. « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ». Les disciples doivent se rappeler ses commandements qu’il leur a rappelés souvent : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ton intelligence et ton prochain comme toi-même. » « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Là, il leur dit : « Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole et mon Père l’aimera : nous viendrons à lui, nous établirons chez lui notre demeure ». Nous voyons que la relation entre le Père et le Fils est très forte, très dense, qu’elle est source de création et de nouveauté. Elle invite les disciples à ne plus regarder vers le passé, mais à regarder vers l’avenir et à continuer la mission que Jésus est venu accomplir parmi nous : découvrir et accueillir son Père.

Dans le passé de l’histoire du peuple de Dieu, la demeure de Dieu était l’Arche d’alliance, souvent placée dans la Tente de la Rencontre, puis c’était au Temple. Aujourd’hui, Jésus vient nous dire que la véritable demeure de Dieu c’est notre cœur. Dieu souhaite faire sa demeure dans le cœur de chaque être humain. Déjà le prophète Ezechiel disait au peuple de la part de Dieu : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau : j’enlèverai votre cœur de pierre et je mettrai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon Esprit. » Ez. 36,26. Quand Jésus dit aussi à ses disciples que le Défenseur qu’il enverra c’est l’Esprit de vérité qui sera en vous ». C’est une parole très forte montrant que l’alliance, la nouvelle alliance que Jésus a scellé par sa mort et sa résurrection est bien réalisée, accomplie et qu’elle est proposée à tout homme et à toute femme. Les disciples doivent continuer cette mission de Jésus et la faire connaître pas simplement au peuple juif, mais à toutes les nations, à toute l’humanité, au monde qui ne la connaît pas encore. Quelle nouveauté et avec quel accompagnement : Dieu, le Père, son Fils Jésus Christ ressuscité et le Saint Esprit nous sont offerts, donnés. Ils viennent faire leur demeure en nous, pas simplement à côté de nous, dans les églises en pierre, mais dans notre cœur de chair.

Oui, Jésus peut nous dire qu’il ne nous laisse pas seul, orphelins, qu’il reviendra vers nous et il nous offre sa vie que le monde ne connaît pas encore. Nous vivrons avec lui, nous reconnaîtrons qu’il est en son Père, que nous sommes nous aussi en lui et lui en nous. Jésus termine aussi son message comme il l’avait commencé : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père »

Dans ce texte, nous pouvons être surpris par le nombre de verbes qui sont au futur. Nous sommes appelés à regarder vers l’avenir et non vers le passé. Nous sommes appelés dans notre situation de confinement à regarder aussi vers demain pour inventer, bâtir un monde nouveau plus fondé sur les valeurs de l’évangile que Jésus nous a laissées telles que la justice, la fraternité, la solidarité. Nous avons comme Pierre nous le rappelle dans la 2° lecture à rendre compte de l’espérance qui est en nous, et à le faire avec respect et douceur. Ce qui n’est pas toujours simple et facile dans notre monde d’aujourd’hui, il nous faut traverser les mêmes difficultés, conflits que Jésus a traversés. Nous savons où cela l’a conduit, nous savons aussi qu’elle en est l’issue. Demandons à la famille divine de nous accompagner chacune, chacun sur le chemin sur lequel nous sommes appelés à vivre.

 

 

5°dimanche après Pâques. 2020.

 

L’évangile de ce dimanche nous resitue avant la passion et la résurrection du Christ. Jésus parle de son départ prochain et ses disciples encore une fois ne comprennent pas ce qu’il veut dire, mais ils ressentent qu’il y a des choses importantes qui vont se passer, ils sont stressés, ils sont bouleversés. Jésus vient les tranquilliser, les apaiser en leur rappelant l’essentiel de qui il est, surtout en qui ils ont mis leur foi, Dieu, ce Dieu que Jésus lui-même leur a fait découvrir tout au long de son chemin parmi eux. Jésus leur annonce qu’il doit partir pour aller leur préparer une place dans la maison de Dieu son Père, il les avertit aussi qu’il reviendra, quand il aura accompli sa mission entièrement, parce qu’à ce moment là, il reviendra afin que là où il sera, ils soient eux aussi. Les disciples ne comprennent pas et Thomas et Philippe osent lui poser leur question : «  Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Montre-nous le chemin. Montre-nous le Père. » et Jésus de répondre : « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Croyez en moi : je suis dans le Père et le Père est en moi. » Ces deux réponses, les disciples n’en découvriront tout le sens, la réalité qu’après la mort et la résurrection de Jésus. A nous aussi d’en découvrir la portée pour notre chemin de vie, de foi. Quand Jésus dit : « Je suis le chemin », il ne parle pas simplement d’une distance, d’un itinéraire géographique, matériel. C’est lui-même, sa personne qui est chemin, et nous avons à le suivre, nous avons à l’écouter, à relire avec lui les écritures, à reconnaître sa présence à nos cotés, à partager le pain eucharistique avec lui « Ceci est mon corps ». En plus, il nous a envoyé  son Esprit Saint. C’est comme cela que nous connaîtrons aussi Dieu son Père, puisqu’ils ne font qu’un. Ce chemin, c’est le chemin de notre foi, un chemin de cœur à cœur, un chemin qui s’accomplit aussi dans un chemin de vérité qui n’est pas une doctrine mais la personne même de Jésus. Ce chemin nous conduira aussi à la Vie, la Vie éternelle que Jésus nous a délivrée et donnée par sa mort et sa résurrection et que nous avons reçue à notre baptême. Nous en vivons dans le quotidien de nos vies et nous avons à la partager avec nos frères et sœurs comme cela s’est fait à la suite de la découverte de la résurrection et racontée dans les Actes des Apôtres. Dans ce livre, nous voyons toute l’effervescence qu’a provoquée cette Bonne Nouvelle de la résurrection. Elle a remué le cœur de certains juifs, de grecs, de veuves, elle bouscule la vie du quotidien, elle oblige à une nouvelle organisation sociale pour ne pas laisser la Parole de Dieu de côté, elle provoque les douze apôtres à créer de nouveaux ministères comme celui de la diaconie pour le service des tables, pour être au service de celles et ceux qui sont dans la précarité. Ces texte ne sont-ils pas encore actuels aujourd’hui dans notre période de confinement et de déconfinement : la peur que provoque ce virus avec les incertitudes du lendemain, les précarité très variées auxquelles il faudra faire face, dans notre église, les nouveaux ministères à mettre en place, les actes de solidarité, de fraternité qu’il faudra maintenir, la place de la Parole de Dieu à raviver, maintenir. Que notre foi en ce Dieu de Jésus Christ qui en est le chemin, la vérité et la vie, aidée par son Esprit Saint qui nous accompagne, nourrisse notre espérance et notre charité.

 

                  

 

 

4°, Dimanche Pâques. 3 mai 2020.

 

 

Les lectures d’aujourd’hui nous offrent 2 images importantes qui peuvent nous aider à mieux comprendre les chemins de notre foi dans notre vie d’aujourd’hui. C’est l’image de la porte et l’image du berger avec son troupeau. Ces images d’ailleurs sont souvent reprises dans la bible.

 L’image de la porte nous est bien familière, surtout en ce moment de confinement où nous devons rester enfermés dans nos maisons, dans nos appartements. La porte, ce sont deux éléments, l’espace et un matériel, qui permettent un passage. Une porte permet de rentrer chez soi ou d’en sortir, elle permet le passage de l’extérieur à l’intérieur, du dehors au-dedans. La porte peut aussi être fermée ou ouverte, elle permet de s’isoler personnellement ou en famille, de se prévenir des voleurs ou de personnes que l’on ne veut pas accueillir ou au contraire ouverte aux amis, à l’étranger. Dans mon enfance, je me souviens dans mon petit village, avant la messe du dimanche, beaucoup d’hommes, d’enfants se réunissaient à la porte de l’église et discutaient entre eux. A la sortie de la messe, tout le monde discutait, échangeait des informations avant de se retrouver à table en famille. C’était vraiment le lieu de rassemblement du village avec ses deux temps : extériorité et intériorité. Si Jésus se compare à la porte, n’est-ce pour nous rappeler que nous avons toujours ce passage à faire et qu’il est là, comme la porte, pour nous aider à le faire : passage de l’extériorité à l’intériorité, passage du monde extérieur où l’on peut s’éparpiller, au monde du recueillement intérieur où l’on peut se retrouver soi-même et retrouver la voix de notre berger, de notre guide comme l’ont fait les deux disciples d’Emmaüs qui ont reconnu le ressuscité à la voix  et au geste de la fraction du pain. « Notre cœur, n’était-il pas tout brûlant quand Il nous ouvrait aux écritures ? »

La deuxième image que Jésus prend pour  faire comprendre sa mission à ses disciples, et à nous-mêmes aussi est celle du berger. Elle est peut-être moins populaire dans notre monde moderne d’aujourd’hui plus porté sur le technique, le numérique que sur le monde rural.  A l’époque de Jésus, il n’y avait pas d’usine, chaque famille avait son petit lopin de terre ou son troupeau de moutons. L’image du berger est très employée dans la bible, surtout par les prophètes, pour traduire les relations entre Dieu et son peuple. Le berger, le pasteur, c’est celui qui rassemble, qui guide, qui nourrit, protège, soigne, défend son troupeau. C’est celui qui connaît chacune de ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, il connaît chacune par son nom et les brebis reconnaissent la voix de leur berger, elles ne suivront pas n’importe quel faux berger. Le psaume 22 que nous avons lu entre les deux premières lectures nous décrit bien déjà ce rôle de berger tenu par Dieu vis-à-vis de son peuple :

Le Seigneur est mon berger :

Je ne manque de rien.

Sur des près d’herbe fraîche,

Il me fait reposer.

 

Il me mène vers les eaux tranquilles

Et me fait revivre ;

 Il me conduit par le juste chemin

Pour l’honneur de son nom.

 

…..

 

Ce psaume était repris souvent au temple, il traduit  la relation entre Dieu et son peuple. Jésus reprend pour lui cette image pour bien montrer qu’il est son Fils et que ses disciples et nous-mêmes, nous sommes bien son peuple, son troupeau qui deviendront son Eglise, qu’il nous connaît par notre nom et a une relation particulière avec chacun de nous. Ce troupeau, ce peuple, cette église reconnaît-elle bien, elle, son berger ? Dans la relation du berger avec son troupeau, deux aspects aussi semblent importants : la relation personnelle que chaque brebis a avec le berger et la relation communautaire que chaque brebis a avec les autres pour constituer le troupeau qui est la fierté du berger. Le berger n’a pas peur de quitter son troupeau pour aller rechercher  la brebis qui s’égare et la ramener au troupeau sur ses épaules. Quelle belle attitude du berger, de Dieu, de Jésus Christ qui montre toute l’attention, toute l’estime, toute la miséricorde que Dieu a pour chacun de nous. Sans notre berger, Saint Pierre dans la deuxième lecture rappelle aux chrétiens à qui il écrit et à nous aujourd’hui « que vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes. » 

Que ces deux images de la Porte et du Berger lié à son troupeau nous aident à approfondir nos attitudes de foi, d’espérance, de charité  envers Dieu et nos frères et sœurs. Demandons à l’Esprit Saint d’ouvrir la porte de notre cœur pour vivre la solidarité avec nos frères et sœurs du confinement.

 

 

Paroisse Marchaux Rigney (Bureaux)

5 Route de Vandelans, 25640 Rigney 

Adresse Mail: paroissemarchauxrigney@laposte.net

 

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